Komitas

Soghomon Gevorki SOGHOMIAN (1869-1935)

Soghomon Gevorki Soghomonian, né le 26 septembre 1869 à Kütahya en Anatolie (Turquie) fut un ecclésiastique, un ethnomusicologue, un compositeur, un chanteur, un pédagogue et un conférencier arménien.

Le Révérend Père Komitas fut raflé au printemps 1915 comme des centaines d’autres intellectuels, artistes et poètes que les autorités turques redoutaient et voulaient faire taire à jamais. Or, si Komitas fit miraculeusement partie des quelques rares intellectuels à être libérés, son génie musical se tut effectivement à jamais à partir de 1916. Après 20 ans d’un immense désespoir, Komitas s’est éteint dans la région parisienne, à l’hôpital psychiatrique de Villejuif, le 15 octobre 1935.

Komitas, de son vrai nom Soghomon Soghomonian, est né dans un milieu modeste néanmoins imprégné de musique religieuse. A l’âge de onze ans, il part étudier au séminaire d’Etchmiadzine où il est ordonné diacre (Sargavak) en 1890, puis novice (Apera) en septembre 1893. Le catholicos Khrimian qui est son protecteur moral lui donne le nom de Komitas. C’est en raison de sa belle voix et de ses dons de composition remarquables que Khrimian choisit de lui donner le nom de Komitas d’après celui d’un catholicos du VIIe siècle qui fut également musicien. Toujours en 1893, Komitas est également nommé professeur de musique du séminaire d’Etchmiadzine. En février 1895, il devient Vartabed. Il fréquente et travaille avec deux autres futurs grands noms de la musique arménienne : Makar Yekmalian et Christapor Kara-Murza.

En 1896, fort de l’appui du catholicos Khrimian, il quitte l’Arménie pour parfaire ses études musicales à Berlin jusqu’en 1899. Ce premier contact avec l’Occident sera décisif et Komitas ne cessera de séjourner entre l’Orient et l’Occident. Il retourne à Etchmiadzine, donne des conférences et des concerts dans le Caucase, puis séjourne brièvement à Berlin en 1901 pour une conférence sur la musique religieuse arménienne. Il passe alors par Paris où il rencontre un autre génie de la culture arménienne : Archag Tchobanian(1). Entre les deux hommes s’établissent une estime et une admiration réciproques. Tchobanian est émerveillé par le talent de Komitas, il en perçoit instantanément la grandeur. Ils se verront régulièrement au gré notamment des séjours de Komitas à Paris. En effet, celui-ci habitera la ville des Lumières pendant une an-née de 1906 à 1907, puis y séjournera de nouveau en 1912(2) et 1914. Il se rendra également, en juin 1907, accompagné de Tchobanian, en Suisse pour donner des concerts et des conférences dans les villes de Berne, Zurich, Genève et Lausanne. Dans cette dernière ville, il rencontre le tout jeune poète Roupen Sévag(3) alors étudiant en médecine. Komitas et Sévag se reverront souvent lorsque celui-ci quittera la Suisse en 1914 pour retourner à Constantinople où Komitas vit alors depuis quelques années déjà.

La capitale de l’empire ottoman fut en effet à partir de 1910 le lieu où Komitas se fixa plus ou moins par dépit après que sa requête auprès du nouveau catholicos Mathéos de se retirer au monastère du lac Sévan lui soit demeurée sans réponse. A Constantinople, il partagea dans le quartier de Pangalti une maison avec son proche ami le peintre Panos Terlemezian(4) qui y fonda une école de peinture et dont on connaît le célèbre portrait qu’il fit de son ami Komitas en 1913. Le décès de son protecteur, le catholicos Khrimian, en 1907, permis de donner progressivement libre cours aux jalousies jusqu’alors contenues à l’égard de Komitas. Il ne fut certes pas donné à tous les Arméniens de saisir le génie intellectuel et l’audace artistique de Komitas qui a recueilli et harmonisé un nombre impressionnant de chants et mélodies populaires. Son originalité embarrassa les esprits conservateurs de l’Eglise et de la communauté arménienne de Constantinople. Il y fonde une chorale mixte de trois cents membres tout en formant individuellement six élèves, organisant des concerts, enregistrant des chants par le procédé du phonographe à Paris, séjournant de nouveau longuement à Berlin en 1913, puis de nouveau à Paris en 1914 où il donna des conférences sur la musique et se produisit à la cathédrale de la rue Jean-Goujon.

Après son retour de déportation, dont il a été libéré grâce à l’intervention d’intellectuels occidentaux, ce qu’il avait vu et subi pendant le génocide, l’ont fait sombrer dans une grave dépression, laquelle anéantira ses facultés créatrices. Il ne s’en relèvera jamais. Il symbolise l’identité arménienne, déchirée entre la création artistique et l’oppression de son peuple.

Sa composition la plus connue est la Divine Liturgie. Il fut le premier non-Européen membre de l’International Music Society. C’est la personnalité la plus marquante de la culture, de la musique traditionnelle, et de la musique classique arménienne.

Il a été choisi pour incarner le monument au génocide Place du Canada à Paris.

(un site intéressant : le musée virtuel de Komitas)


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